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Is 8,13-14 Le *G concorde avec le *M pour la traduction de תַקְדִּישׁוּ (ἁγιάσατε) et de לְמִקְדָּשׁ (εἰς ἁγίασμα Sur ces deux points, celles des traductions hexaplaires qui nous sont connues (Sym dans le premier cas, Aq et Sym dans le second) lui sont identiques. Quant aux deux emplois de קֶשֶׁר Sym les rend par ἄνταρσις (qui en est sa traduction aussi en 2 R 11,14bis), alors que ThAq (attestés pour le premier par le ms 710) les rendent par σύνδεσμος Sur ces points les traductions hexaplaires appuient le *M, alors que le *G s’en éloigne en traduisant dans les deux cas par σκληρόν dont la racine correspond très couramment à la racine hébraïque קָשָׁה (leçon issue de קֶשֶׁר plutôt que de קדש La *V, en chacun de ces quatre cas (“’coniuratio” bis en 12, “sanctificate” en 13 et “in sanctificationem"” en 14), appuie clairement le *M. C'est également le *M que la *S (victime d'un homéotéleuton dans les poly- glottes de Paris et de Londres) traduit en 12(bis) par מרדא (comme en 2 R 11,14bis), en 13 par קדשו eten 14 par למקדשא Quant au *T, lui aussi traduit le *M en 12(bis) par Tnn et en 13 par תימרון קדיש En 14, c'est לְפוּצֶךָ qui y tient la place de לְמִקְדָּשׁ BH3 a tort de prétendre que cette traduction suppose une Vorlage וּלְמוֹקֵשׁ puisque le *T traduit cette expression, plus loin en ce même vs, par לְתַקְלָא Choix textuel : Lowth interprétait justement 17 comme signifiant “’a קֶשֶׁר Mais il lisait dans la KJ (reproduisant Ge sur ce point) : “a confederacy” et ne voyait pas ce que pouvait avoir de répréhensible l'alliance entre les deux états indépendants de Syrie et d'Israël que ce mot désigne. C’est cela, nous dit-il, qui l’incita à corriger le *M par conjecture. Mais, au XVIe siècle, Thomas More (Apology ch. 44) considérait ce mot comme ‘an odiouse heyghnouse name Déjà Chaucer, traduisant littéralement “a conjuracioun” (en Boèce, de Consolatione Philosophiae II, prosa 6,62), notait sur ce mot : “which I clape a confederacye La difficulté initiale de Lowth tient donc au fait que ce sens était vieilli à son époque. A la présence de לְמִקְדָּשׁ en 14, Duhm a objecté que Yahvé ne peut être à la fois un sanctuaire et une pierre d’achoppement. Cela entraîne deux remarques. D'abord que l’atnah séparant ce mot du suivant souligne qu'il s’agit de deux éventualités placées en contraste. Ensuite, que l’on retrouve le même contraste encore plus abrupt à l'intérieur de l'expression 71929 צוֹר qui suit. Le Seigneur en tant que “roc” est le refuge absolument sûr. Or il se trouvera devenir le “roc sur lequel on trébuche”. Lohfink (Isaias 103) a bien noté le caractère surprenant de ce rapprochement. D'autre part, l’authenticité de תַקְדִּישׁוּ en 13 est confirmée par 29,23 où l'on retrouve ce hifil de #7p lié (comme ici) au hifil de ערץ Or la critique littéraire admet d'ordinaire que cet autre texte dépend de celui-ci. Il n'existe en tout cas aucune base textuelle pour unifier les quatre cas qui nous concernent sur la base de l'une ou l'autre des deux racines que le *M y atteste. Interprétation proposée : En 8,6 nous avions considéré comme préférable de comprendre sous הַזֶּה הָעָם le royaume du nord et les partisans qu'il pouvait avoir en Juda, c'est-à-dire ceux qui 58