1 Le *G concorde avec le *M pour la traduction de תקדישו (ἁγιάσατε) et de למקדש
2 (εἰς ἁγίασμα Sur ces deux points, celles des traductions hexaplaires qui nous sont
3 connues (Sym dans le premier cas, Aq et Sym dans le second) lui sont identiques.
4 Quant aux deux emplois de קֶשֶׁר Sym les rend par ἄνταρσις (qui en est sa traduction
5 aussi en 2 R 11,14bis), alors que ThAq (attestés pour le premier par le ms 710) les
6 rendent par σύνδεσμος Sur ces points les traductions hexaplaires appuient le *M,
7 alors que le *G s’en éloigne en traduisant dans les deux cas par σκληρόν dont la racine
8 correspond très couramment à la racine hébraïque קָשָׁה (leçon issue de קשר plutôt
10 La *V, en chacun de ces quatre cas (“’coniuratio” bis en 12, “sanctificate” en 13
11 et “in sanctificationem"” en 14), appuie clairement le *M.
12 C'est également le *M que la *S (victime d'un homéotéleuton dans les poly-
13 glottes de Paris et de Londres) traduit en 12(bis) par מרדא (comme en 2 R 11,14bis),
14 en 13 par קדשו eten 14 par למקדשא
15 Quant au *T, lui aussi traduit le *M en 12(bis) par Tnn et en 13 par תימרון קדיש
16 En 14, c'est לְפוּצֶךָ qui y tient la place de למקדש BH3 a tort de prétendre que cette
17 traduction suppose une Vorlage לְמוֹקֵשׁ puisque le *T traduit cette expression, plus
18 loin en ce même vs, par לְתַקְלָא
20 Lowth interprétait justement 17 comme signifiant “’a קֶשֶׁר Mais il lisait
21 dans la KJ (reproduisant Ge sur ce point) : “a confederacy” et ne voyait pas ce que
22 pouvait avoir de répréhensible l'alliance entre les deux états indépendants de Syrie
23 et d'Israël que ce mot désigne. C’est cela, nous dit-il, qui l’incita à corriger le *M par
24 conjecture. Mais, au XVIe siècle, Thomas More (Apology ch. 44) considérait ce mot
25 comme ‘an odiouse heyghnouse name Déjà Chaucer, traduisant littéralement “a
26 conjuracioun” (en Boèce, de Consolatione Philosophiae II, prosa 6,62), notait sur ce
27 mot : “which I clape a confederacye La difficulté initiale de Lowth tient donc au
28 fait que ce sens était vieilli à son époque.
29 A la présence de מַקְדִּשׁ en 14, Duhm a objecté que Yahvé ne peut être à la fois
30 un sanctuaire et une pierre d’achoppement. Cela entraîne deux remarques. D'abord
31 que l’atnah séparant ce mot du suivant souligne qu'il s’agit de deux éventualités
32 placées en contraste. Ensuite, que l’on retrouve le même contraste encore plus abrupt
33 à l'intérieur de l'expression 71929 צוּר qui suit. Le Seigneur en tant que “roc” est le
34 refuge absolument sûr. Or il se trouvera devenir le “roc sur lequel on trébuche”.
35 Lohfink (Isaias 103) a bien noté le caractère surprenant de ce rapprochement. D'autre
36 part, l’authenticité de תַּקְדִּישׁוּ en 13 est confirmée par 29,23 où l'on retrouve ce hifil
37 de #7p lié (comme ici) au hifil de ערץ Or la critique littéraire admet d'ordinaire que
38 cet autre texte dépend de celui-ci.
39 Il n'existe en tout cas aucune base textuelle pour unifier les quatre cas qui nous
40 concernent sur la base de l'une ou l'autre des deux racines que le *M y atteste.
41 Interprétation proposée :
42 En 8,6 nous avions considéré comme préférable de comprendre sous הַזֶּה הָעָם le
43 royaume du nord et les partisans qu'il pouvait avoir en Juda, c'est-à-dire ceux qui