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Is 8,11
Radaq, lui aussi, a accepté l'analyse d’Abulwalid et, dans son commentaire, il
opte pour le parfait, comme l'avait fait Judah ibn Balaam : “le séré sous le ‘resh”
est à la place d’un patah qui serait normal en cette forme, comme c’est le cas en ?177p
(1 R 2,8)”. Dans sa grammaire, il traite trois fois de cette forme et son opinion évolue.
D'abord (Mikhlol 26b) il considère Is 8,11 comme un cas où “il arrive que la troisième
radicale du parfait piél ait un séré”. Puis (94b) il hésite : “le futur de 1D? a parfois
le ‘yod” défectif comme en Is 8,11 ou en Os 10,10... mais il se peut aussi qu’en Is 8,11
on ait affaire à un piél et que le séré y tienne la place du patah de ?1371 que l’on at-
tendrait ici”. Enfin (96b) il voit en notre forme un futur, la citant (comme Abulwalid)
à titre d'exemple de futur à ‘yod’ radical assimilé analogue à Is 44,12. Dans ses Sho-
rashim à propos du piél de ce verbe, il'traite de notre forme et hésite encore : “Ici la
3e radicale a un séré, ce qui est contre l’analogie. Mais peut-être que c’est un qal et
que le “ÿod” écrit est celui de la préformante, le ‘yod” radical étant assimilé dans le
‘samek’ dagueshé, comme en יִצְּרֵהוּ (Is 44,12)."
Duran (83,23), Isaie de Trani et Elias Levita (Zikronot) optent ici pour un par-
fait piél à séré irrégulier.
Comme Kôünig (Syntax $413f) l'a noté, le fait que l’atnah précède le mot que
nous analysons indique que ce verbe n'a pas été senti par les accentuateurs comme
prolongeant l'expression infinitivale Ta כְּחֶזְקַת mais comme parallèle à אָמַר qui pré-
cède. Le *M ne doit donc pas se comprendre comme “lorsque sa main m'a saisi et qu'il
m'a enjoint” (ce qui supposerait un inaccompli inverti relatant un événement ponc-
tuel), mais : “ainsi m'a parlé... et il m’enjoignait” (l‘inaccompli coordonné ayant une
valeur fréquentative convenant bien à une action éducative).
Pour résumer les données pouvant orienter un choix textuel, notons d'abord que
la forme dérivée de 1? que le *M donne ici n’y a été lue que par la *V et le *T, alors
que 1Q-a, ThAq Sym et la *S y ont vu un inaccompli hifil de סור (le *G et certaines
allusions dans les écrits de Qumrân semblant ÿ avoir lu un accompli pluriel qal du
même verbe). La construction du verbe D? avec יסר serait un hapax, alors que celle
de סור avec cette préposition est fréquente.
La leçon וַיְסִירֵנִי lue ici par Sym, a paru préférable au comité, comme tenant une
place intermédiaire entre celle du *M et celles de 1Q-a et du *G. En fonction de l‘ana-
lyse qui précède, cet inaccompli inverti constitue un prolongement normal de la cir-
constancielle infinitivale qui précède. Le comité a attribué à cette leçon la note “C”.
Interprétation proposée :
On pourra donc traduire : “lorsque sa main m'a saisi et qu'il m'a détourné de
marcher sur la route de ce peuple”.
8,13 תַקְדִּישׁוּ [A] M 1Q-a 4Q-h G Sym V ST
8,14 לְמִקְדָּשׁ [A] M 1Q-a G Aq Sym VS // paraphr : T
Options de nos traductions :
Ces deux leçons du *M ont été respectées par RSV (“you shall regard as holy”
et “a sanctuary J3 (“vous proclamerez saint” et “un sanctuaire”) et TOB (‘vous
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