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Jos 2,4
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Pour éviter d'être infidèle au *M par une mise au pluriel du pronom accusa-
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tif, Luther (suivi par RL) allège ainsi le vs 4a : "Aber das Weib verbarg die zween Men-
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ner.”
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Houbigant voit dans le *M une corruption de ותצפבם‎ dont la restitution est
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demandée ici par Graetz, HSAT234, BH2S, Cent; alors que SBOT et BH3 croient pou-
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voir se fonder sur la *V ("tollensque mulier viros abscondit") pour omettre le suffixe.
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Notons d'abord que l'on ne saurait fonder une omission du suffixe hé-
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braique sur la traduction de la *V dont la syntaxe aime faire usage d'un unique accusa-
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tif exercant une double fonction à l'égard d'un participe présent qui le précéde et d'un
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parfait qui le suit. Cette tournure latine entraîne normalement la non-traduction du
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pronom-suffixe assurant dans l'hébreu la reprise de l'accusatif aprés le second verbe.
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C'est ce que l'on peut constater aprés le participe "tollens" en Gn 15,10; 1 S 6,10;
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2 21,10.
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Le pronom-suffixe singulier du *M a donné occasion à un midrash (cf. Tan-
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huma Nb, éd. Buber p.63, n.13). L'exégése karaite ancienne (Yéfet ben Ely et David
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ben Abraham |I, 523, 40) hésite entre le sens distributif "elle cacha chacun d'entre
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eux" (sens qui, repris par Radaq, dominera l'exégése occidentale) et le sens "elle dis-
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simula cela". Ce deuxième sens est repris par la grammaire de Moshe ibn Gigatilla
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(cité par Ibn Ezra, Moznaim 19a) : l'antécédent du suffixe est l'acte de prendre expri-
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mé par le verbe précédent. La méme opinion est tenue par Elias Levita (note sur l'ar-
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ticle צפן‎ des Shorashim de Radaq). Cette interprétation fournit une bonne introduc-
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tion au vs 4b. On peut cependant lui objecter qu'un suffixe féminin conviendrait
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mieux à cet emploi.
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Selon Judah Hayyuj (30,16ss), l'antécédent du suffixe est la globalité du
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groupe de deux, globalité créée par la particule d'accusatif. Cette opinion est approu-
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vée par Abulwalid (Luma 319,45( qui rapproche de notre cas Is 37,14 où une globalité
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de méme type est reprise par un suffixe singulier alors que, dans le paralléle de 2 R 19,
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14, elle l'est par un suffixe pluriel. Notons que Kónig (Syntax 8 348 u), considérant
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comme fréquente en hébreu la reprise d'un pluriel par un suffixe singulier, mentionne
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קרמתו‎ comme reprenant, en 1 R 6,23, les "deux" chérubins. Si cette interprétation
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est exacte, nous avons ici une présentation anticipée de ce qui sera raconté ensuite en
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détail au vs 6.
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On doit donc considérer que celles des versions qui ont traduit ce suffixe par
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un pronom pluriel témoignent plus vraisemblablement d'une adaptation à la langue ré-
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ceptrice que d'une facilitation au niveau de la Vorlage hébraique.
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3,11 man [AJ MGV T // schem : S
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Le *M offre deux difficultés :
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1. ברלת‎ y semble surdéterminé par un article et un génitif.
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2. L'expression qui lui sert de génitif semble mieux en place au vs 13, en situation
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d'apposition du tétragramme.
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Aussi, Graetz appuie sur la *S une correction de הברלת‎ en imi? mna. Cette
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correction est adoptée par Gray et NEB.